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  • Se repérer parmi les "psy"


    ♦ Se repérer parmi les "psy"

    Comment choisir son « psy » ?

    1. Choisir une thérapeutique. Ce choix est essentiel car il s'agit d'un choix éthique. (voir: Choisir une thérapeutique)

    2. Se repérer parmi les différents professionnels afin de s'assurer qu'il a suivi une formation sérieuse qui correspond au travail thérapeutique que vous souhaitez effectuer.

    3. Choisir le "psy" avec lequel vous vous sentirez suffisamment en confiance pour pouvoir vous engager dans un travail thérapeutique. (voir : Choisir son psy)

     

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    Se repérer parmi les différents professionnels

     

    Une grande confusion règne dans le champ "psy". Comment s'y retrouver entre les idées reçues, les effets de mode, les arguments commerciaux ou de pouvoir, les conseils parfois divergents de l'entourage et les informations sérieuses et fiables lorsque l'on souhaite consulter ? A quel "psy" s'adresser? Sur quels critères choisir ?

    - Quelles sont les différences entre un psychiatre, un psychologue, un psychothérapeute et un psychanalyste ? Quelles sont leurs formations et leurs champs de compétences ? A quoi correspondent les nouvelles appellations qu'utilisent certains "psy", telles que "psychopraticiens", "praticiens en psychothérapie", etc... ? 

    - Pourquoi la plupart des professionnels cumulent-ils plusieurs appellations et formations ?

    Pourquoi deux psychologues (ou deux psychiatres, ou deux psychothérapeutes) peuvent-ils avoir des pratiques diagnostiques et thérapeutiques très différentes ?

     

    La difficulté à se repérer parmi les "psy" tient non seulement à la diversité de leurs formations et appellations, mais surtout au fait qu'une même appellation peut renvoyer à des pratiques radicalement différentes selon l'orientation théorique et éthique du professionnel. En effet, il existe des conceptions très différentes de l'être humain et du fonctionnement de sa vie psychique, et par conséquent, des manières très différentes d'aborder les patients et leurs symptômes. (voir: Choisir une thérapeutique )

    J'ai opté pour un abord assez détaillé de ces questions ; une trop grande simplification empêcherait d'en saisir les nuances et les paradoxes. Vous trouverez à la fin de ce texte un bref récapitulatif sur les différents professionnels, en fonction du type de thérapeutique choisi.

     

    Psychologue, psychiatre et pédopsychiatre 

     

    ♦ Psychologues, psychiatres et pédopsychiatres ont une formation universitaire et un diplôme d'état qui les autorisent à exercer en institutions (hopitaux, institutions médico-sociales etc...) et/ou en libéral.

    - Les psychiatres (pour les adultes) et les pédopsychiatres (pour les enfants et les adolescents) sont des médecins, spécialisés dans les maladies mentales. Ils peuvent prescrire des médicaments et/ou proposer un suivi psychothérapeutique. Leurs consultations peuvent donner lieu à des remboursements par la Sécurité Sociale.

    - Les psychologues ont suivi un cursus universitaire de 5 ans et sont titulaire d'un DESS ou Master 2. (Il existe différents diplômes et spécialisations en psychologie : psychologie clinique et pathologique, psychologie du travail, psychologie sociale, psychologie expérimentale, neuropsychologie, psychométrie, etc .... ).

    Les psychologues cliniciens, titulaires d'un DESS ou Master 2 de Psychologie clinique et pathologique, sont spécialisés dans l'étude du fonctionnement psychique et dans la psychopathologie clinique (c'est-à-dire l'étude des pathologies psychiques).

     

    Psychologues, psychiatres et pédopsychiatres peuvent avoir des pratiques diagnostiques et cliniques radicalement différentes selon leurs orientations théoriques.

    La conception du fonctionnement psychique, de la psychopathologie, de la pratique clinique et thérapeutique, ainsi que la position dans la relation au patient, sont très différentes selon que le psychologue clinicien, le psychiatre ou le pédopsychiatre se réfère à la psychanalyse ou aux théories neurologiques et/ou comportementales (voir: Choisir une thérapeutique).

     

    ♦ Certains psychologues, psychiatres et pédopsychiatres usent du "titre de psychothérapeute".

    Depuis 2010, "psychothérapeute" est devenu un titre règlementé (voir le chapitre : "psychothérapeute"). Il ne définit ni une profession, ni une pratique spécifique.

    Le titre de psychothérapeute correspond à la validation d'un niveau de formation en psychopathologie cliniqueLa formation universitaire du psychologue clinicien, du psychiatre et du pédopsychiatre leur ouvre le droit au titre de psychothérapeute. 

    - De nombreux psychologues cliniciens, psychiatres et pédopsychiatres ne souhaitent pas user du titre de psychothérapeute en raison de l'ambiguité et des confusions que ce terme induit, notamment lorsqu'ils sont également psychanalystes. Certains psychologues peuvent être dans l'obligation d'user de ce titre, parfois exigé pour exercer dans certaines institutions. D'autres psychologues, psychiatres ou pédopsychiatres demandent à user de ce titre par choix.

    -  L'enseignement universitaire n'a pas vocation à former à la pratique de la psychothérapie, ni à la pratique de la psychanalyse. Pour pratiquer la psychothérapie ou la psychanalyse, psychologues cliniciens, psychiatres et pédopsychiatres doivent suivre une formation complémentaire. Ils ont notamment l'obligation éthique de s'engager dans une psychanalyse personnelle, ou au minimum dans une psychothérapie, indispensables pour leur permettre  d'occuper une position professionnelle dans la relation au patient (1)Or, le cadre universitaire ne peut ni exiger, ni valider un tel engagement. Le titre de psychothérapeute, s'il valide la formation en psychopathologie, ne garantit pas la formation à la pratique de la psychothérapie.

     

    ♦ Les psychologues, psychiatres et pédopsychiatres peuvent pratiquer la psychothérapie, s'ils se forment (même s'ils acquièrent le droit d'user du "titre de psychothérapeute") à une technique de psychothérapie (hypnose, PNL*, analyse transactionnelle, TCC* .....) dans le cadre d'organismes privés et s'ils s'engagent dans une psychanalyse personnelle, ou au minimum dans une psychothérapie (1), ainsi que dans un travail de supervision*.

     

    ♦ Les psychologues, psychiatres et pédopsychiatres peuvent être psychanalystes s'ils ont suivi une longue psychanalyse personnelle (1) (l'engagement dans une analyse personnelle est exigé pour pouvoir être membre d'une association de psychanalystes), ainsi qu'une formation à la théorie et à la pratique psychanalytiques, dans le cadre d'associations de psychanalystes. Ils élaborent leur pratique dans le cadre de séances de supervision* et de contrôle*, particulièrement lors des premières années de pratique en tant que psychanalyste. 

     

    « Psychothérapeute »

     

    Psychothérapeute est un terme ambigu, qui renvoie à des sens, des réalités et des registres différents: il ne définit pas une pratique spécifique.

    ♦ Avant 2010, psychothérapeute désignait un professionnel qui pratiquait la psychothérapie. La difficulté résidait dans la définition du terme de psychothérapie qui est très imprécis car renvoie à des pratiques extrêmement diverses.

    - Au sens large, psychothérapie (traitement par des moyens psychologiques) englobe toutes les techniques psychothérapeutiques: psychanalyse, psychothérapie analytique ainsi que les techniques de psychothérapie basées sur la suggestion (hypnose, TCC*, PNL*, Gestalt*, etc .......).

    - Depuis plus d'un siècle, on a coutume d'utiliser plus spécifiquement le terme de psychothérapie pour qualifier les techniques de psychothérapie dont le point commun est l'utilisation de la suggestion (hypnose, TCC ....), afin de les distinguer de la psychanalyse (dont la spécificité est de ne pas utiliser la suggestion) (voir : Choisir une thérapeutique)

    Traditionnellement, le psychothérapeute était donc celui qui pratiquait une ou des techniques de psychothérapie basées sur la suggestion. Cette définition avait l'intérêt de distinguer deux manières très différentes d'aborder et de traiter les patients et leurs symptômes. Mais le terme de psychothérapeute restait néanmoins très flou en raison de l'immense variété des techniques de psychothérapie (il en existe plus de 400). 

    Depuis la règlementation de l'usage du titre de psychothérapeute , la notion de psychothérapeute s'est modifiée.

     

    ♦ Depuis 2010 (décret d'application de la loi de 2004), l'usage du titre de psychothérapeute est réglementé afin de pallier un vide juridique qui, auparavant, permettait à toute personne d'exercer en tant que psychothérapeute, sans avoir à justifier d'une quelconque formation. L'objectif avancé était de protéger les patients des charlatans et des sectes.

    Le titre de psychothérapeute garantit un nombre d'heures minimum de formation théorique et clinique (stages) en psychopathologie (équivalent à celui de psychologue clinicien). Il est généralement accordé aux psychiatres, aux psychologues cliniciens, aux psychanalystes inscrits régulièrement dans les annuaires des associations de psychanalystes, ainsi qu'aux personnes qui ont suivi une formation en psychopathologie dans le cadre d'organismes privés (ex: EPHEP* ...) répondant aux exigences définies par la loi. Ces organismes dispensent des enseignements qui peuvent être très différents selon leur orientation théorique: psychanalytique et/ou comportementale.

     

    S'il n'est pas certain que la règlementation du titre de psychothérapeute ait beaucoup d'impact sur les charlatans et les dérives sectaires, elle produit assurément de nombreuses questions éthiques, paradoxes et confusions (je ne citerai brièvement ici que quelques points) :

    L'obtention du titre psychothérapeute ne garantit pas la formation à la pratique de la psychothérapie. La loi assimile la formation en psychopathologie, à la formation à la pratique de la psychothérapie, ce qui n'est pas la même chose, ne serait-ce qu'en raison de la nécessité éthique, pour pratiquer la psychothérapie, d'être engagé dans une analyse personnelle, ou au minimum dans une psychothérapie (1) (ce que ni une loi, ni une formation universitaire, ni une formation privée ne peut ni exiger, ni garantir). 

    Désormais, le terme de psychothérapeute est disjoint de la notion de psychothérapie, il ne définit plus l'orientation technique et éthique du professionnel.

    - Certains psychanalystes se sont vus dans l'obligation d'exercer sous le titre de psychothérapeute (notamment pour pouvoir exercer en institution), alors qu'auparavant, les termes de psychothérapeute et de psychanalyste renvoyaient à des pratiques et à des choix éthiques différents (utilisation ou non de la suggestion). 

    - Les « psy » qui pratiquent diverses techniques de psychothérapie (hypnose, gestalt, PNL, TCC ....), ne pouvant plus se nommer psychothérapeutes (lorsque leur formation ne répond pas aux exigences de la loi), ont changé d'appellation. Ils exercent désormais sous des dénominations non règlementées et libres d'emploi (c'est-à-dire sans garantie de formation) telles que: "psychopraticien", "praticiens en psychothérapie", "coach", etc ... (Ils sont classés dans les Pages Jaunes dans la rubrique : "Psychothérapie, pratiques hors du cadre règlementé").).

     

    Psychanalyste

     

    Un psychanalyste a d'abord suivi une longue analyse personnelle (en général, au moins 10 ans) qui constitue la base indispensable de sa formation (1). Il se forme à la théorie, à la pratique et à la psychopathologie psychanalytiques, dans le cadre d'associations de psychanalystes. Il participe également, notamment les premières années, à des séances de supervision et de contrôle avec un psychanalyste plus expérimenté que lui, afin d'élaborer sa pratique. Un psychanalyste s'engage généralement, tout au long de sa pratique, dans des activités de recherche et de formation.

    Un psychanalyste peut éventuellement avoir une formation et une expérience professionnelle de psychiatre ou de psychologue. Il peut aussi venir d'autres horizons: philosophique, littéraire, scientifique etc ...

    Si tous les psychanalystes se réfèrent aux théories freudiennes, ils ne les interprètent pas tous de la même manière. Aussi existe-t-il plusieurs courants psychanalytiques (freudiens, lacaniens, ....) et par conséquent, des pratiques de la psychanalyse qui peuvent être, sur certains points, différentes (voir: Psychanalyse(s)).

     

    Outre la psychanalyse ("cure type"), un psychanalyste peut pratiquer également la psychothérapie analytique. 

    En revanche, le choix de la psychanalyse étant un choix éthique qui engage personnellement et subjectivement le psychanalyste, il ne serait pas cohérent qu'un professionnel conjoigne ou alterne la pratique de la psychanalyse avec celle de psychothérapies basées sur la suggestion qui relèvent d'une éthique très différente. Ce cumul de pratiques, qui néanmoins existe, est contestable.

     

    Il est important de savoir que l'appellation de psychanalyste n'est pas règlementée, ce qui garantit l'indépendance indispensable à sa pratique, mais contient le risque d'une utilisation illicite, sans formation ni compétence. Il est donc vivement recommandé de savoir si un psychanalyste appartient à une association de psychanalystes reconnue, certaines d'entre elles bénéficient de la reconnaissance d'utilité publique.

     

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    En conclusion, pour choisir son "psy", il ne suffit pas de connaitre la différence entre psychiatre, psychologue, psychothérapeute et psychanalyste. En effet, hormis les psychanalystes dont la référence théorique s'entend clairement dans leur appellation, chacun des différents professionnels peut proposer une approche thérapeutique très différente selon son orientation théorique.

    Aussi est-il très important que chacun puisse comprendre la différence pratique et éthique entre les différentes conceptions du fonctionnement psychique, et du traitement des patients et de leurs symptômes, afin de pouvoir choisir, de manière éclairée, le type de thérapeutique dans laquelle il souhaite s'engager. (voir: Choisir une thérapeutique)

     

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    En résumé

     

    La plupart des "psy" reçoivent les adultes. Certains sont également spécialisés dans le travail avec les enfants et les adolescents

     Généralement, les personnes souffrant de pathologies lourdes (délires, hallucinations ....) consultent  un psychiatre  (dont l'orientation théorique sera soit neurologique et/ou comportementale, soit psychanalytique). Il peuvent aussi s'adresser à un autre professionnel (par exemple un psychanalyste non psychiatre) qui travaillera en collaboration avec un psychiatre (prescripteur de médicaments ou d'une éventuelle hospitalisation).

    Les psychiatres sont les seuls, parmi les "psy", à pouvoir prescrire des médicaments.

     

    Pour la plupart des autres symptômes psychiques, chacun peut choisir soit une psychothérapie analytique ou une psychanalyse, soit une psychothérapie basée sur la suggestion. Les approches, modalités, effets thérapeutiques et positions éthiques seront différents. (voir: Choisir une thérapeutique). 

     La psychothérapie analytique et la psychanalyse sont de la compétence du psychanalyste. Il peut avoir, ou non, une formation universitaire de psychologue, de psychiatre, ou le titre de psychothérapeute. Ce qui est important, c'est son appartenance à une association de psychanalystes reconnue, qui garantit son engagement dans une longue psychanalyse personnelle (1) et sa formation à la psychopathologie et à la pratique  psychanalytiques. (Il n'est pas cohérent, d'un point de vue éthique, qu'un même professionnel pratique la psychanalyse ainsi que des psychothérapies basées sur la suggestion). 

     

     Pour une psychothérapie basée sur la suggestion, vous pouvez consulter un psychiatre, un psychologue, ou un psychothérapeute (titre) formés à la technique de la psychothérapie que vous aurez choisie. Si vous décidez de consulter un psychopraticien, coach, sexologue, sophrologue, etc...... il est très important de vous renseigner précisément sur le sérieux, la consistance et la durée de sa formation, son expérience.... 

    L'engagement personnel dans une psychanalyse ou, au minimum, dans une psychothérapie, est éthiquement indispensable pour pratiquer la psychothérapie, afin de permettre au "psy", quelle que soit sa formation, d'occuper une position professionnelle dans la relation au patient (1).

     

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    (1) L'engagement personnel dans une psychanalyse ou au minimum dans une psychothérapie, est éthiquement indispensable, afin de permettre au "psy" d'occuper une position professionnelle dans la relation au patient signifie que le "psy" doit pouvoir reconnaitre ce qui appartient à sa propre subjectivité (ses choix inconscients, ses symptômes, ses angoisses ...) afin de ne pas le projeter, même sans le vouloir, sur son patient. Un travail approfondi sur lui-même permet au "psy" d'aborder son patient et de l'entendre de manière impartiale, en évitant tout parti pris personnel. Seule une psychanalyse permet au "psy" d'accéder aux contenus de son inconscient* , une psychothérapie basée sur la suggestion lui permet de travailler sur les registres du conscient et du préconscient* (voir: Choisir une thérapeutique).

     

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    Nathalie SCHAEFFER, psychologue clinicienne, psychanalyste, adultes enfants adolescents, 24 rue Hoche 92 130 Issy-les-Moulineaux



  • Choisir son "psy"


    ♦ Choisir son "psy"

    1. Choisir une thérapeutique. Ce choix est essentiel car il s'agit d'un choix éthique. (voir : Choisir une thérapeutique)

    2. Se repérer parmi les différents professionnels afin de s'assurer qu'il a suivi une formation sérieuse qui correspond au travail thérapeutique que vous souhaitez effectuer (voir : Se repérer parmi les "psy" ).

    3. Choisir le "psy" avec lequel vous vous  sentirez suffisamment en confiance pour pouvoir vous engager dans un travail thérapeutique.

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    Choisir son "psy"

    Après vous être repéré parmi les méthodes thérapeutiques et les différents professionnels, il reste à choisir le "psy" qui vous accompagnera dans le travail que vous souhaitez effectuer.

    Choisir son "psy", c'est faire une rencontre.

    La dimension relationnelle est essentielle dans un travail psychothérapeutique. Entre un patient et son "psy" s'instaure une relation particulière, qui ne ressemble à aucune autre. Ni purement technique, ni amicale, ni sociale, c'est une relation circonscrite au lieu et au cadre de travail, régie par des règles éthiques et déontologiques et qui, néanmoins, n'est pas dénuée d'une certaine dimension affective.

    Selon le type de thérapeutique (soit basée sur la suggestion, soit d'orientation psychanalytique), la dimension relationnelle sera abordée et travaillée selon des règles éthiques et techniques très différentes (voir : Choisir une thérapeutique).

     

    Choisir son "psy" est une décision éminemment subjective, qui dépend de chacun. Certains seront plus à l'aise pour parler à un homme, d'autres à une femme, d'autres seront sensibles à tels ou tels détails ... Certains pourront s'engager dès le premier rendez-vous, d'autres auront besoin de plusieurs entretiens, voire de rencontrer deux ou trois "psy" pour pouvoir arrêter leur choix.

    L'important est de vous sentir en confiance pour pouvoir parler de vous et de vos questions intimes, et de percevoir que la manière dont vous êtes entendu permettra d'ouvrir des perspectives nouvelles dans l'abord de vos questions et difficultés.

     

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    Nathalie Schaeffer, psychologue clinicienne, psychanalyste, adultes, enfants, adolescents, 24 rue Hoche 92130 Issy-les-Moulineaux


  • Choisir une thérapeutique 


    ♦ Choisir une thérapeutiqueComment choisir son « psy » ?

    1. Choisir une thérapeutiqueCe choix est essentiel car il s'agit d'un choix éthique. 

    2. Se repérer parmi les différents professionnels afin de s'assurer qu'il a suivi une formation sérieuse qui correspond au travail thérapeutique que vous  souhaitez effectuer. (voir : Se repérer parmi les "psy")

    3. Choisir le "psy" avec lequel vous vous sentirez suffisamment en confiance pour pouvoir vous engager dans un travail thérapeutique.  (voir : Choisir son "psy") 

     

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    Choisir une thérapeutique

    Différences entre la psychanalyse et les psychothérapies basées sur la suggestion  


            Il existe une multitude de pratiques psychothérapeutiques (plus de 400, semble-t-il, actuellement). Comment choisir lorsque l'on souhaite consulter ? Sur quels critères ? Quelles sont les différences qui portent à conséquence pour les patients?

    Un travail psychothérapeutique a des effets sur la vie du patient, sur sa manière de se considérer, de se comprendre, sur ses relations, sur ses projets, sur ses choix ... effets qui ne sont pas du même ordre et n'ont pas la même portée selon la méthode thérapeutique choisie. Aussi est-il important, pour choisir une thérapeutique, de connaitre, au-delà de leurs aspects purement formels et des idées reçues, les enjeux thérapeutiques et éthiques des différentes pratiques.

    On distingue deux grandes approches thérapeutiques selon qu'elles utilisent ou non la suggestion :
    - Les psychothérapies sont toutes (sauf la psychothérapie analytique) fondées sur la suggestion, quelles que soient les techniques utilisées (Hypnose, TCC, PNL, Gestalt-thérapie, Analyse Transactionnelle ...)
    - La psychanalyse a été inventée dans le but traiter les patients et leurs symptômes sans recourir à la suggestion. (La psychothérapie analytique est une variante de la psychanalyse).

            Dans le domaine « psy », il n'existe pas de vérité absolue, pas de méthode qui serait indiscutablement la meilleure, la seule, la vraie, valable pour tous. Personne ne peut émettre un avis qui serait neutre ou objectif (même les techniques qui s'appuient sur des méthodologies dites « scientifiques ») car la question du choix entre les psychothérapies et la psychanalyse relève avant tout d'un choix éthique qui engage la conception que chacun a de l'être humain et de son fonctionnement psychique.

    Sauf à céder aux effets de mode qui varient selon les enjeux sociaux, culturels, moraux, politiques, commerciaux... de l'époque, choisir une thérapeutique nécessite donc pour chacun de se forger son propre avis sur les points de divergence entre les différentes approches.

    Plan du texte :
    1. Le choix d'utiliser, ou non, la suggestion dans les pratiques thérapeutiques
    2. Deux conceptions différentes du symptôme
    3. Des conceptions très différentes de l'être humain et de son psychisme
    4. Deux démarches thérapeutiques et éthiques différentes
    5. Deux modalités de relation et de parole entre le patient et le « psy »
    6. Des effets thérapeutiques d'ordre différent
    Conclusion : Un choix thérapeutique et éthique

    Ce texte est inévitablement orienté par mon engagement et mon expérience dans la psychanalyse et auprès de mes patients. Néanmoins, il vise à dégager quelques questions afin que ceux qui le souhaitent puissent choisir une thérapeutique, pour eux-même ou pour leur enfant, en fonction de leurs propres conceptions éthiques, de leur expérience de vie, des questions qu'ils se posent sur eux-même et sur leurs proches, de leurs hypothèses ...

     


    1. Le choix d'utiliser, ou non, la suggestion
    dans les pratiques psychothérapeutiques

    ♦ Qu'est-ce que la suggestion ?
    La suggestion consiste à modifier les pensées, les comportements, la volonté, les émotions d'une personne par l'influence produite par une autre personne, investie d'un pouvoir, d'une autorité ou d'un certain charisme.
    La suggestion, l'influence d'une personne sur une autre, est un processus auquel chacun peut avoir affaire dans tous types de relations : amicales, amoureuses, familiales, professionnelles. La suggestion peut être utilisée à bon ou mauvais escient et peut se décliner selon des modalités variables (à travers la parole, le regard, le ton de la voix, des images ...) et des objectifs divers, allant du conseil bienveillant à la manipulation mentale, jusqu'à l'emprise d'une personne sur une autre.
    La suggestion est particulièrement à l'oeuvre dans les discours politiques et religieux, dans les techniques commerciales et publicitaires, dans les phénomènes de mode. En médecine, ce que l'on appelle l'effet placebo relève de la suggestion. La magie (guérisseurs, chamanes ...), les phénomènes d'endoctrinement ainsi que les sectes sont les domaines dans lesquels la suggestion est utilisée de manière la plus radicale.

    La suggestion repose sur le caractère éminemment suggestible de l'être humain. Certaines personnes sont plus perméables que d'autres à la suggestion, selon le pouvoir qu'elles accordent, le plus souvent à leur insu, aux figures d'autorité ou aux divers discours sociaux. La suggestibilité (le fait d'être suggestible, influençable) est un processus psychologique qui relève de la croyance et consiste à adhérer à un discours extérieur comme s'il s'agissait de sa propre pensée ou volonté. Même si elle peut être en partie consciente, la suggestibilité est une disposition psychique dont les ressorts sont inconscients ; c'est la raison pour laquelle la suggestion peut déjouer le libre-arbitre d'une personne, à son insu.

     

     La suggestion dans les pratiques psychothérapeutiques
    Si un patient consulte un « psy », c'est parce qu'il lui suppose un savoir dont il attend une guérison. Cette supposition et cette attente conduisent le patient à être plus ou moins influençable, docile, suggestible et donne au « psy » un certain pouvoir. Comment le « psy » se positionne-t-il face à la suggestibilité du patient et au pouvoir que celui-ci lui accorde ? Deux possibilités :

    1. Le « psy » utilise la suggestibilité du patient et le pouvoir qu'il lui accorde, afin de l'influencer, et diriger ses pensées, émotions et comportements. C'est le cas dans toutes les psychothérapies (sauf la psychothérapie analytique) quelles que soient les techniques utilisées (Hypnose, TCC, PNL, Analyse transactionnelle ...). Ces psychothérapies créés, pour la plupart, à partir des années 60 aux Etats-Unis, se fondent sur des techniques nées au 19° siècle telles que l'hypnose, le conditionnement (Pavlov), ou la méthode Coué (auto-suggestion).

    2. La psychanalyse est née du désir de Freud de renoncer à l'hypnose et à la suggestion.
    Lorsqu'il était jeune médecin neurologue, Freud a pratiqué l'hypnose une dizaine d'années. Il a constaté que l'hypnose ne fonctionnait que sur des patients suffisamment influençables et produisait des effets thérapeutiques, certes rapides mais peu durables, car conditionnés par l'influence du médecin. De plus, Freud trouvait contestable de maintenir les patients dans une attitude « d'attente croyante », de crédulité et de soumission à l'égard du médecin. Pour ces raisons thérapeutiques et éthiques, Freud a abandonné l'hypnose et la suggestion. Il a inventé une méthode thérapeutique, la psychanalyse, permettant de produire des effets thérapeutiques durables en traitant les causes des symptômes, sans recourir à la suggestion.

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    2. Deux conceptions différentes du symptôme

     La découverte essentielle de Freud a été d'entendre les symptômes comme une parole, un message, un appel qu'il s'agit de décrypter pour qu'ils puissent disparaitre. La psychanalyse conçoit le symptôme comme l'expression d'un traumatisme ou d'un conflit psychique passés et inconscients. Par exemple, une question infantile non résolue, un deuil non effectué, une colère ou un secret non exprimés et devenus inconscients peuvent ressurgir de manière déguisée sous des formes diverses : douleur corporelle, pensées obsédantes, inhibitions, actes compulsifs, dépression, crises d'angoisse, conduites d'échec etc ... Le symptôme a un sens et une fonction, il exprime une part de l'histoire intime du patient. Lorsque cette histoire ancienne et inconsciente est découverte, elle cesse de se manifester sous forme de symptômes. C'est cette conception du symptôme qui rend la psychanalyse profondément humaine.

     

     Les psychothérapies basées sur la suggestion abordent le symptôme uniquement dans ses manifestations apparentes (pensées, émotions et comportements « inadéquats »). Le symptôme est considéré comme un défaut, une anomalie, un dysfonctionnement voire un handicap qu'il s'agit de rectifier ou d'éradiquer par une technique de suggestion.
    La dimension subjective du symptôme, son sens et ses causes psychiques inconscientes ne sont pas travaillés au profit d'une approche purement comportementale. Le symptôme est considéré comme l'effet de « mauvais apprentissages », de « conditionnements erronés », voire de lésions ou de dysfonctionnements supposés dans le cerveau.

     


    3. Des conceptions très différentes
    de l'être humain et de son psychisme

    (Cette question nécessiterait de longs développements, je n'en propose ici qu'un bref aperçu).

     Pour la psychanalyse, l'être humain est un être de langage. C'est le langage qui fonde et structure le psychisme humain c'est-à-dire la pensée consciente et inconsciente, et par conséquent les symptômes psychiques.

    Freud a découvert non pas qu'il existe en chacun de nous une part qui échappe à la conscience ; cela a été repéré bien avant la naissance de la psychanalyse. Ce que Freud a découvert en étudiant minutieusement la manière dont les mots de ses patients s'articulaient à leurs symptômes, c'est d'une part, que les symptômes psychiques sont constitués d'éléments de langage refoulés dans l'Inconscient et d'autre part, que les processus inconscients (en jeu dans la formation des symptômes, des rêves, des lapsus, actes manqués) sont organisés par des lois du langage particulières (déplacement, condensation ...), radicalement différentes de celles qui régissent la pensée consciente. Lui qui était neurologue et souhaitait trouver une cause organique aux symptômes psychiques, a constaté que le psychisme est constitué et structuré par le langage.

    Ce que Freud a nommé l'Inconscient ne signifie pas « ce qui n'est pas conscient », mais correspond aux processus langagiers qui sous-tendent et déterminent la vie consciente et qui ont des effets sur le fonctionnement du corps. Il aurait sans doute été préférable de nommer autrement l'Inconscient, tel qu'il est définit en psychanalyse, afin d'éviter les confusions avec tout ce que le « non conscient » peut recouvrir de divers et varié, d'obscur, de mysticisme etc ...

    Contrairement aux animaux qui communiquent grâce à des systèmes de codes de signaux, univoques et génétiquement déterminés, le langage humain est un système symbolique, porteur d'équivocités, d'ambiguités, de métaphores et qui a cette particularité de ne pas être génétiquement déterminé. C'est donc dans la relation à quelques autres primordiaux (les parents ...) que le petit humain rencontre le langage et la multiplicité des sens qu'il peut produire.
    Ce qui fonde la subjectivité, la personnalité, est la manière singulière dont chacun se construit psychiquement à partir des mots reçus de l'autre et de tout ce qu'ils véhiculent d'affects (amour, plaisir, angoisse ....), d'idéaux, d'énigmes, de possibles malentendus etc ...

    La spécificité du langage humain confère au psychisme humain une autonomie par rapport au fonctionnement du cerveau (ce qui n'est pas le cas pour les animaux).
    Le socle biologique (le fonctionnement cérébral, hormonal, le patrimoine génétique ...) est indispensable pour qu'il y ait de la parole, de la perception, de la coordination dans les mouvements, de la mémoire etc ... Mais, en dehors de toute pathologie organique avérée ou de prise de substances psychotropes, ce qui détermine la manière singulière dont chacun pense, perçoit, se souvient, décide d'agir de telle ou telle manière, ce qui détermine sa personnalité, ses choix amoureux, son désir sexuel, ses sentiments de culpabilité, de honte, de bonheur, ses symptômes psychiques relève du langage, c'est-à-dire de la pensée consciente et inconsciente telle qu'elle s'est constituée pour chacun au cours de sa vie.
    Ce que les technologies actuelles permettent de repérer (activation de certaines zones cérébrales, de neuromédiateurs ...), ce sont les effets sur le cerveau de nos pensées, émotions, actes ou symptômes psychiques (comme le précisent de nombreux scientifiques). Ce qui commande le cerveau chez l'être humain (à la différence des animaux), ce qui fait que chacun pense, désire, aime de manière particulière et unique, relève du langage c'est-à-dire d'une causalité psychique.

    La prise en compte du langage et de la manière dont le bébé s'y inscrit dans la relation à l'Autre, est essentielle pour saisir ce qui fonde la spécificité du psychisme humain et la singularité de chacun.

     

     La plupart des psychothérapies basées sur la suggestion ont été créées dans les années 50-60 aux Etats-Unis, en réaction à la psychanalyse, dans le but explicite d'éviter le travail sur le langage en tant qu'il inclut le rapport à l'Autre et l'histoire du sujet. Empreintes des valeurs culturelles dans lesquelles elles sont nées, ces techniques visent à évincer la dimension subjective et inconsciente, singulière à chacun au profit d'approches simplifiées, pragmatiques et standardisées.

    - Le langage n'est plus appréhendé comme constitutif du psychisme humain ; il est réduit à un outil d'information et de communication.
    - Lorsque le terme inconscient est utilisé, il renvoie à des définitions radicalement différentes du concept psychanalytique d'Inconscient (processus psychiques régis par des lois du langage particulières). Dans les psychothérapies, « inconscient » signifie : tout ce qui n'est pas présent à la conscience, tout ce que l'on fait ou pense sans s'en rendre compte : le « non conscient », l'« implicite », les pensées ou actes automatiques (« inconscient cognitif » «subconscient » ), le fonctionnement physiologique et notamment neurologique (« inconscient neurologique »), des énergies ou forces occultes ( « inconscient collectif » ...) ...

    De nombreuses techniques de psychothérapie sont issues de la psychanalyse telle qu'elle a été radicalement transformée aux Etats-Unis (comme le montrent les films de Woody Allen). Ce qui est nommé « psychanalyse » en Amérique du nord relève de la psychothérapie et se fonde sur des conceptions du psychisme très éloignées de la psychanalyse, telle qu'elle se pratique en Europe ou en Amérique du sud. Depuis quelques années, est même apparue aux Etats-Unis la « neuro-psychanalyse ».

    De ces transformations ont nées diverses théories du « moi » ou de la communication. Elles décrivent des schémas types de pensées (conscientes et préconscientes (1)), de comportements, d'émotions et de modes de communication verbale et corporelle. Ces théories sont utilisées tant à des fins thérapeutiques qu'en entreprise, dans les techniques commerciales, publicitaires ou de management (Analyse transactionnelle, PNL .....).

    D'autres psychothérapies « humanistes » se fondent sur des visions « positives » de l'être humain qui aurait, par exemple, une capacité innée à guérir ; visions idéalistes qui font abstraction des processus pathogènes, causes des symptômes.

    Les techniques en vogue actuellement sont les TCC : thérapies cognitivo-comportementales. Comme leur nom l'indique (thérapies et non psychothérapies), ces techniques visent à évincer la dimension psychique et subjective et à produire une modélisation objectivable du fonctionnement humain ; elles traitent les cognitions (apprentissage, raisonnement, perception, attention, mémoire) et les comportements, en les isolant de l'ensemble de la personnalité et de l'histoire du patient.
    Les TCC se fondent d'une part, sur le Behaviorisme (issu des techniques de conditionnement de Pavlov, découvertes à partir d'expériences sur des chiens), sur le Cognitivisme (issu de la Cybernétique (2), de l'informatique et de l'intelligence artificielle (3)) et sur les Neurosciences (expériences faites sur des animaux dont les conclusions sont extrapolées à l'être humain).

    Dans ces techniques, le psychisme humain est abordé à partir de deux modèles : la machine et l'animal.
    - Le psychisme est réduit aux processus de « traitement de l'information » (« inconscient cognitif », pensées automatiques) « mesurables » dans cerveau dont le fonctionnement est assimilé à celui d'une machine ou d'un ordinateur.
    - L'être humain, privé de sa spécificité liée au langage et débarrassé de sa complexité subjective, est assimilé à l'animal; c'est son cerveau qui serait à l'origine de ses pensées et comportements.
    Il ne s'agit plus de soigner un être humain qui souffre, mais de soigner un cerveau.

    L'éviction du subjectif est le seul moyen pour pouvoir aborder les pathologies mentales à partir de méthodologies scientifiques qui nécessitent d'objectiver, mesurer, quantifier, évaluer, reproduire des données généralisables et standardisées. Si certains neuroscientifiques n'hésitent pas à réduire la souffrance psychique, le plaisir, l'amour et toute la complexité du psychisme humain à des facteurs purement biologiques, d'autres reconnaissent l'impossibilité d'aborder les éléments qualitatifs et subjectifs du psychisme humain à partir des méthodes scientifiques et du fonctionnement physiologique.

    Néanmoins, et l'on peut se demander pour quelles raisons (financières, politiques, idéologiques ......), les médias et les pouvoirs publics tiennent à propager cette représentation du psychisme humain mécanisé, uniformisé, standardisé, assimilé au seul fonctionnement du cerveau, et cette conception de l'être humain réduit à ses comportements, sans passé, sans responsabilité, déterminé par sa matérialité biologique, délivré de la nécessité de penser le sens de son existence, et dont la souffrance psychique s'apparenterait à quelque dysfonctionnement chimique ou mécanique qu'il s'agirait de réparer et de normaliser.

     


    4. Deux démarches thérapeutiques et éthiques différentes

    ♦ Toutes les psychothérapies visent à corriger ou éradiquer, par des techniques de suggestion, les manifestations apparentes des symptômes (pensées, émotions et comportements « inadaptés ») afin de les remplacer par d'autres, jugées plus adéquates. Les manifestations symptomatiques sont traitées sur un mode comportemental, dans « l'ici et maintenant », abstraction faite de leurs causes psychiques.

    Les psychothérapies (individuelles ou groupales) se fondent sur des techniques de suggestion multiples : Hypnose, auto-hypnose, méthode Coué, techniques d'apprentissage issues du conditionnement de Pavlov et/ou du cognitivisme etc ... Il s'agit de raisonner, de persuader le patient, de le « déconditionner » et le « reconditionner », le « déprogrammer » et le « reprogrammer », le motiver par la mise en place de punitions-récompenses... Sous l'influence du thérapeute, le patient est amené, par des exercices (apprentissage, imitations de modèles, confrontation aux situations qui l'angoissent ... ), à adopter de nouvelles « croyances » imaginaires, de nouveaux schémas de comportement, de pensée ou de communication, selon des « programmes standardisés ».

    Les psychothérapies basées sur la suggestion visent à développer des compétences d'auto-contrôle et d'adaptation ; objectif qui répond à la demande sociale de normalisation. Il s'agit de contrer le symptôme par la volonté et d'utiliser la suggestion pour réprimer, leurrer ou faire taire l'inconscient du patient, cette part intime de lui-même qui fonde sa personnalité et en fait un être singulier.

    La dimension psychique et subjective, pourtant inhérente au domaine psychologique, vise à être évincée au profit d'une approche techniciste. Il s'agit non plus de soigner une personne, entendue dans sa globalité et son irréductible complexité, qui souffre d'un symptôme pour des raisons liées à son histoire et à sa personnalité, mais de réparer le défaut, rectifier l'anomalie que constitue le symptôme. C'est pourquoi les psychothérapies se présentent volontiers comme « spécialisées » dans des listes de symptômes. La souffrance psychique tend à être objectivée, mesurée, quantifiée et évaluée à la manière des méthodologies et disciplines scientifiques qui, elles, sont objectivables, quantifiables et évaluables.

    La tentative de s'affranchir du subjectif et de l'humain (ce qui est, en tant que tel, un symptôme) et de réduire le psychisme à du biologique et à des comportements va même, dans certaines thérapies, jusqu'à remplacer le « psy » par un « ordinateur thérapeute ».


    ♦ La psychanalyse et la psychothérapie analytique, abordent le patient dans sa globalité, et traitent son symptôme articulé à sa personnalité et non comme un élément isolé.
    Par exemple : une dépression, même si elle se caractérise par un ensemble de signes apparents, similaires pour différentes personnes qui en souffrent, ne peut, pour un psychanalyste être abordée que au cas par cas. Une dépression, pour chaque patient, est la conséquence d'un ensemble de facteurs qui se sont mis en place en fonction de sa manière singulière d'interpréter les évènements, de se positionner dans la vie, envers lui-même et avec les autres etc... en lien avec son histoire et sa personnalité. Une dépression manifeste, pour chaque patient et de manière particulière, l'impasse dans laquelle il se trouve face à son désir inconscient, c'est-à-dire face à ce qui lui permettrait de donner sens à son existence.

    La démarche psychanalytique consiste à accompagner le patient dans la découverte des causes inconscientes de son symptôme, afin d'en traiter non seulement les manifestations apparentes mais également ce qui l'a engendré. Lorsque ses causes et son sens sont décryptés, le symptôme perd sa fonction et sa nécessité et peut disparaitre durablement.

    Le travail psychanalytique s'effectue à partir de la parole du patient, invité à parler sans se censurer, selon la règle de « l'association libre » ; le cabinet du psychanalyste est probablement un des rares sinon le seul lieu dans lequel il est possible dire ce qui, ordinairement, n'est pas recevable ni entendable.

    La découverte de la dimension purement psychique et inconsciente de son symptôme permet au patient de s'approprier ce qui lui arrive et de comprendre qu'il n'est ni victime d'une fatalité, ni porteur d'une incapacité ou d'un handicap. D'entendre dans sa parole qu'il est, malgré lui et inconsciemment, acteur dans la formation de son symptôme, lui permet d'envisager la possibilité de faire de nouveaux choix.

    Les interventions du psychanalyste visent à permettre au patient d'entendre, à son rythme et lorsqu'il en est prêt, la dimension inconsciente contenue dans sa propre parole. Il me semble important de préciser que, contrairement à ce que montrent parfois les médias au titre de spectacle, un psychanalyste ne prodigue pas d'interprétations sauvages ni d'assertions dogmatiques à ses patients.
    Le silence du psychanalyste a été largement caricaturé, tant par les détracteurs de la psychanalyse que, sans doute, par certains psychanalystes eux-mêmes. Le silence, s'il peut être nécessaire à certains moments, ne saurait être systématisé et dépend de ce qui convient à chaque patient. Dans toute cure analytique, et particulièrement en psychothérapie analytique, il y a des moments de soutien et d'accompagnement de certaines décisions ou de situations douloureuses. Que le psychanalyste renonce à la suggestion n'exclut aucunement qu'il puisse prendre position sur certains points ; dans ce cas, c'est toujours le désir inconscient du patient qu'il soutient, et non une norme pré-établie qui serait valable pour tous.

    La démarche psychanalytique, parce qu'elle n'est pas fondée sur la suggestion, permet une levée durable des symptômes, dans le respect du désir singulier du patient c'est-à-dire indépendamment de l'influence du psychanalyste ou d'une norme sociale. Le renoncement à la suggestion met la psychanalyse dans une position subversive, de non-soumission à l'exigence sociale d'uniformisation et de normalisation, particulièrement prégnante à l'époque actuelle.

     


    5. Deux modalités de parole et de relation

    entre le patient et le « psy »

    ♦ Dans les psychothérapies basées sur la suggestion, c'est le savoir et la parole du « psy », auxquels le patient est invité à adhérer, qui produisent un effet thérapeutique.
    L'utilisation de la suggestion implique que le « psy » occupe une position de maître, de modèle, d'idéal. Le « psy » est supposé connaitre la « bonne » manière de vivre, de penser, de ressentir et de se comporter pour le patient. Même si la plupart des thérapies prônent l'autonomie et le libre-arbitre du patient, une certaine obéissance, crédulité et dépendance du patient à l'égard du « psy » est nécessaire pour que la suggestion fonctionne.


    ♦ En psychanalyse (ainsi qu'en psychothérapie analytique), ce qui produit un effet thérapeutique, c'est le savoir inconscient que le patient découvre dans sa propre parole, du fait d'être adressée et entendue de manière particulière dans la relation au psychanalyste.
    Le psychanalyste n'édicte pas ce qui serait « bien » ou « bon » pour le patient ; il ne se positionne pas en maître ou en modèle et ne dirige ni les pensées ni les comportements du patient. Son savoir sur les processus inconscients en jeu dans la formation et dans la sédation des symptômes (savoir acquis dans sa formation théorique et mis à l'épreuve au cours de sa propre analyse) permet au psychanalyste d'amener le patient à découvrir son propre savoir inconscient, cause de ses symptômes. Le patient pourra alors tirer les conséquences du savoir découvert sur lui-même et décider, s'il le souhaite et à sa manière, de faire de nouveaux choix.

    Le renoncement à la suggestion, induit un mode de relation inédit entre le patient et le psychanalyste : ce que le patient vit dans la relation à l'analyste (ses attentes, son attachement, ses colères, les sentiments ou pensées qu'il attribue à son analyste etc...) s'appelle « le transfert ». L'analyse du transfert permet au patient de ne pas rester dans une position de soumission ou de dépendance à l'égard du psychanalyste.

     


    6. Des effets thérapeutiques d'ordre différent

    Comme chacun l'aura compris, « thérapeutique » n'a pas le même sens et correspond à des positions éthiques différentes pour les psychothérapies basées sur la suggestion et pour la psychanalyse.

    ♦ Parce qu'elles utilisent la suggestion, les psychothérapies peuvent lever certains symptômes de manière assez rapide, à condition que la cause inconsciente du symptôme ne soit ni trop ancienne ni trop déterminante dans la constitution de la personnalité du patient et que celui-ci soit suffisamment suggestible.
    Mais ces effets sont artificiels car produits sous influence, et superficiels car ils ne portent que sur les manifestations apparentes des symptômes, c'est-à-dire sur les conséquences d'un problème de fond qui n'est pas traité. Ces effets sont, par conséquent, peu durables car la cause inconsciente du symptôme, laissée intacte, finit généralement par resurgir soit de manière identique, soit sous une autre forme. On observe en effet très souvent qu'un symptôme, lorsqu'il est traité par la suggestion, ne disparait pas mais se tait temporairement et finit par réapparaître ou se déplacer.
    Le symptôme étant l'expression d'une part intime du patient, l'éradiquer par la suggestion sans tenir compte de sa fonction et du message qu'il véhicule, peut produire chez des patients des réactions paradoxales : certains patients, pourtant allégés de leur symptôme, peuvent ressentir à leur grande surprise une difficulté à se reconnaitre, un sentiment de perte d'identité accompagné d'angoisse, une perplexité à tonalité dépressive ...

     

    ♦ La psychanalyse produit souvent des effets d'apaisement dès les premières séances, du seul fait de l'accueil de la dimension inconsciente de parole du patient. Lorsque les symptômes sont récents et conjoncturels, ils peuvent disparaitre rapidement ; c'est notamment le cas avec les enfants.
    Un travail approfondi sur les causes des symptômes permet de produire des effets thérapeutiques profonds et durables, qui s'étendent bien au-delà des manifestations symptomatiques pour lesquelles le patient a été amené à consulter, et ce même dans une psychothérapie analytique.
    La découverte de son désir inconscient, c'est-à-dire de cette part inconnue de lui-même qui fonde sa personnalité et le sens de son existence, permet au patient, au-delà de la sédation de ses symptômes, de mieux se connaitre et s'accepter, d'orienter ses choix de vie de manière plus responsable, plus éclairée et profondément plus satisfaisante. C'est la raison pour laquelle nombre de patients décident de poursuivre leur analyse au-delà de la levée des symptômes pour lesquels ils ont consulté, ou entament une psychanalyse après quelques mois de psychothérapie analytique.

    Le travail sur les causes profondes du symptôme nécessite un certain temps, variable pour chacun. Une psychothérapie analytique dure généralement de quelques mois à un an, un an et demi. La durée d'une psychanalyse dépend de ce que souhaite le patient. Certains s'arrêtent lorsqu'ils retrouvent la possibilité de vivre de manière satisfaisante. D'autres, passionnés par la découverte de leur désir inconscient, poursuivent leur analyse durant plusieurs années. Une longue analyse opère sur la structure de la personnalité et permet d'aborder son existence et ses relations aux autres d'une manière radicalement nouvelle.

     


    Un choix thérapeutique et éthique

    Choisir une thérapeutique passe par un questionnement sur son psychisme et la nature de son symptôme. A chacun d'élaborer ses propres hypothèses sur ses difficultés (ou sur celles de son enfant) : D'où viennent-elles ? Qu'est-ce qui pousse, malgré soi, à agir ou penser de telle ou telle manière ? D'où vient ce « quelque chose plus fort que soi » qui s'impose malgré sa volonté et ses efforts ? Les difficultés sont-elles apparues dans des circonstances particulières ? Sont-elles récurrentes ? Semblent-elles en lien avec son histoire, avec des évènements ou des modes de relations présents ou passés ? Pense-t-on que les difficultés psychiques sont innées et inscrites dans les gènes ? Que « c'est comme ça », « c'est le destin », « la malchance » ? Pense-t-on que ses actes, émotions, pensées, désirs, choix de vie, élans d'amour ou de désespoir se réduisent au fonctionnement du cerveau ?

    Choisir une thérapeutique revient pour chacun à choisir le type de relation dans laquelle il souhaite s'engager, et la position subjective qu'il souhaite occuper dans le traitement de son symptôme.
    Certains préfèreront se prêter à la suggestion d'un « psy » et s'en remettre à ce qu'il indiquera comme étant la « bonne manière » d'agir ou de penser.
    D'autres préfèreront comprendre le sens et les causes de leur souffrance afin de prendre la responsabilité de leur vie, de leurs actes et de leurs pensées et effectuer de nouveaux choix en fonction de ce qui, profondément, les anime.

    S'engager dans un travail psychothérapeutique n'est pas facile. A chacun de savoir quel type de difficulté il préfère affronter :
    Certains préfèreront lutter contre une partie d'eux-même, la réprimer et se conformer à des consignes pour apprendre à contrôler leurs pensées et comportements et maitriser leurs émotions.
    D'autres préfèreront s'interroger sur eux-même et aller à la rencontrer de cette part en eux qu'ils ne connaissent pas, qui peut-être les effraie mais qui, néanmoins, détermine autant leurs symptômes que leurs qualités et leur originalité.

     

    * * *

    (1) pensées préconscientes : qui ne sont pas présentes à la conscience mais que l'on peut retrouver par l'introspection.
    (2) La cybernétique est une science qui étudie les processus de communication et de régulation dans les machines, chez les êtres vivants et dans les systèmes socio-économiques. Elle vise à dégager une équivalence entre l'homme et la machine (l'ordinateur) afin d'expliquer le fonctionnement du cerveau.
    (3) L'intelligence artificielle est une discipline scientifique qui vise à créer des machines capables de simuler voire de dépasser l'intelligence humaine.

     

    Nathalie Schaeffer, psychologue clinicienne, psychanalyste, adultes  enfants adolescents, 24 rue Hoche 92130 Issy-les-Moulineaux

     


  • Supervision


    supervision
            La supervision (1) s'adresse principalement aux professionnels qui exercent dans le domaine du soin (médecins, psychologues, orthophonistes, psycho-motriciens, infirmiers ...), de l'éducation (éducateurs, instituteurs, professeurs ...) et du social (assistantes sociales ...), ainsi qu'aux étudiants stagiaires.

    La supervision offre au professionnel la possibilité de parler des difficultés ou interrogations qu'il rencontre dans sa pratique, en dehors de tout jugement et dans un lieu neutre, extérieur à l'institution dans laquelle il exerce.

     

        La supervision permet de mieux comprendre ce qui se joue dans une situation difficile, tant pour le patient (l'élève ou l'usager) que pour le professionnel, afin de pouvoir élaborer des stratégies nouvelles, des modes de relation et d'intervention plus appropriés.

     

    ♦ Dans les domaines du soin, de l'éducation et du social, la relation au patient, à l'élève ou à l'usager peut mettre le professionnel dans des situations émotionnelles complexes et éprouvantes, qui parfois le dépassent, le submergent et l'empêchent de se positionner de manière juste et distanciée.

    La supervision permet au professionnel de s'interroger sur ce qui, dans la relation à un patient (à un élève ou à un usager), le met en difficulté : ce qui l'angoisse, l'énerve, provoque des sentiments d'échec ou d'impuissance, l'amène à s'engager affectivement de manière excessive etc... Ce travail permet de repérer la manière dont une situation professionnelle peut réactiver, pour lui, des questions personnelles parfois douloureuses.

    La supervision n'est pas une psychothérapie ; le professionnel pourra, s'il le souhaite, traiter ses questions par ailleurs, de manière plus approfondie.

    Le repérage de la manière dont il s'implique personnellement et souvent malgré lui, dans son travail permet au professionnel de prendre du recul et de repenser ses interventions en fonction de la problématique de son patient (élève ou usager).

     

    ♦ L'autre versant du travail de supervision consiste à repérer la problématique du patient (élève ou usager) : mieux entendre ce qu'il dit, ce qu'il veut, ce qu'il refuse, mieux comprendre la logique qui sous-tend ses choix, ses actes, ses symptômes, son rapport aux soins ou aux apprentissages, son rapport à l'autorité, aux autres etc...

    L'élaboration de ces questions pourra donner lieu à des hypothèses diagnostiques et permettra d'en déduire des orientations de travail adaptées au fonctionnement et à la structure psychique du patient (élève ou usager).

    Saisir ce que le patient (élève ou usager) met en place dans la relation au professionnel est essentiel pour comprendre ce qui va lui permettre ou l'empêcher de tirer les bénéfices du travail (thérapeutique, éducatif ou pédagogique) qui lui est proposé. Le repérage de ce qui se joue pour le patient (élève ou usager) dans la relation (transfert) va aiguiller le professionnel dans sa manière de se positionner envers lui.

    La supervision n'est pas un cours théorique ni une méthodologie à appliquer. C'est un travail de réflexion en commun qui peut donner lieu, si le professionnel le souhaite, à une articulation clinico-théorique.

      

            Exposer son travail à un tiers, extérieur à la situation, permet au professionnel d'être accompagné dans la compréhension et la résolution des difficultés qu'il rencontre. La supervision permet d'exercer sa profession de manière non seulement plus sereine mais également plus éclairée et plus inventive.

      

    Modalités :

    - La supervision peut avoir lieu de manière ponctuelle (une ou quelques séances) ou de manière plus régulière, à la convenance de chacun.

    - La supervision peut être individuelle ou avoir lieu dans le cadre de petits groupes (3 personnes).

    - Le travail en groupe nécessite l'engagement de chacun au secret professionnel et une présence régulière aux réunions du groupe.

    - Avant toute participation à un groupe, un entretien individuel préalable est nécessaire.

    - Un reçu d'honoraire pourra être délivré, sur demande (les séances de supervision peuvent être prises en charge par certaines institutions ou relever, pour les professionnels libéraux, de la formation professionnelle).

     

    * * *

    (1) La supervision est aussi nommée « analyse des pratiques professionnelles »

     

    Nathalie Schaeffer, psychologue, psychanalyste, 24 rue Hoche 92130 Issy-les-Moulineaux